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La Savoie de porte en porte 
Philippe Regniez
255 pages, 10 reproductions des articles originaux, format 14,5 x 20.

 

La Savoie de porte en porte 

Recueil des grands articles littéraires parus dans le Dauphiné Libéré en 2002 contant la traversée pedestre de la Savoie par la route historique de la vallee de la Maurienne.

Cet ouvrage rassemble les dix « grands articles littéraires » contant la traversée pédestre de la Savoie, qui furent publiés dans le quotidien Le Dauphiné Libéré , en page 2 chaque dimanche, du 14 juillet au 2 septembre 2002.


            Le projet de ces grands articles littéraires (il y en eut quatorze au total) fut conçu en collaboration avec Marc-Michel Lesueur, alors directeur du Dauphiné Libéré à Chambéry. Le but était de proposer aux lecteurs de la grande presse populaire des textes plus fouillés et plus travaillés que les articles courants qui répondent aux nécessités de la rapidité de l’actualité.


Marc-Michel Lesueur était alors un véritable capitaine de la presse, approchable et capable de prendre des décisions dans l’instant, et c’est ainsi que je n’avais pas eu le temps de terminer ma proposition de rédaction de ces articles, qu’il avait déjà accepté, et qu’il consultait les pages de son agenda pour voir quand nous pourrions commencer.
C’est de cette façon que pendant près de trois mois je partageai régulièrement son bureau pour la réalisation de ces « grands articles », comme ils étaient appelés au journal (syndicalement, un article « normal » devait contenir au maximum 80 lignes, les miens en contenaient 800).


Je me souviens avec un véritable plaisir de ces vendredi soir, quand, après son labeur et que tout le personnel syndiqué fut parti, nous travaillions à la relecture et au bouclage de ces textes sur son ordinateur. Ce fut une collaboration qui se déroula dans l’amitié, la bonne humeur, et la liberté (deux fois seulement, Marc-Michel Lesueur me demanda de corriger mes textes pour ne pas heurter la sensibilité de ses lecteurs  ; une fois, ce fut pour enlever le nom de Maurice Barrès d’une référence littéraire  ; l’autre à l’occasion d’une critique de la Révolution « coupeuse des têtes de France »).


            Le résultat fut supérieur aux attentes, avec une augmentation sensible du nombre d’exemplaires achetés, et l’acquisition dans les bureaux du journal par de nombreuses personnes de la collection complète (notamment pour être envoyée à l’étranger).


            Mais c’était sans compter sans le Syndicat des Journalistes – et l’opposition ouverte des journalistes travaillant au journal – qui ne pouvait tolérer sous divers prétextes la parution de textes si « hors normes » dans un quotidien des SPQR. Cette réaction alla s’amplifiant, et après des menaces de grèves directes et d’autres actions plus discrètes – Marc-Michel Lesueur faillit y perdre son poste – nous dûmes arrêter le projet après 14 semaines d’un travail passionnant.


            Bien entendu, la clique « socialo-bobo » du coin ne fut pas étrangère à cette issue, car – médecins, enseignants et professeurs d’université, gens de loi et magistrats, gens des média, hauts-fonctionnaires dans l’administration départementale ou régionale – tous enfants de la bourgeoisie locale et de mai 68,  ne pouvaient tolérer l’existence de textes venant de ce qu’ils considéraient comme « un auteur catholique d’extrême droite ». Une anecdote amusante à ce propos. C’est très certainement une petite phrase de l’un de ces articles qui suscita le plus de rancœur à mon égard  ; j’y faisais la réflexion, après les avoir longtemps contemplées, que les montagnes ne connaissaient pas l’égalité, chaque sommet étant soit supérieur, soit inférieur à son prochain. Que l’on imagine l’horreur qu’ont ressentie ces braves gens qui ne pouvaient raboter les montagnes pour les égaliser, et qui avaient cette réalité de la création tous les jours devant leurs yeux.


            Quant au sujet des dix articles réunis ici, il apparaîtra clairement en préliminaire du texte dans le chapitre Le projet et ses préparatifs.


            Les reproductions des articles tels qu’ils parurent dans le journal se trouvent en fin de volume.


Philippe Régniez

24 euros + 5 euros de port