Charles Baudelaire, Théophile GAUTIER, accompagné de l’essai La Perle et les Pourceaux(la critique négative posthume contre Baudelaire ; 1867-1957) de Daniel HABREKORN.
Il nous a paru judicieux, en un temps où les cloportes littéraires pullulent sur les rognures d'ongle du vaste monde, de rééditer ce texte d'un Grand à propos d'un autre Grand.
Par-delà quelques inévitables entrechats de chamailleries professionnelles, on y trouvera des idées élevées, des réflexions profondes et pertinentes, des sentiments dignes, et toujours ce style impeccable qui est la marque de la langue française quand elle est maniée de sorte à prendre en noce la pensée. En bref, vous vous enrichirez.
Mais, la chose est peu connue, le texte de Théophile Gautier constitue un véritable pamphlet contre l’usage de la drogue.
Il est en effet surprenant que dans notre société si férue de débats, les observations et les conclusions de grands esprits du XIXème sur ce sujet soient parfaitement ignorées.
Ces hommes avaient expérimenté ces matières et leurs effets stupéfiants, ils y étaient allés dans ce pays des chimères, ils en étaient revenus (ils avaient eu cette chance, eux), et ce plusieurs fois, traînant le lourd charroi des désillusions, des dégoûts et des mésaventures.
Ils avaient ensuite échangé leurs remarques, et s'étaient retrouvés étonnés d'être parvenus aux mêmes conclusions sur le caractère totalement négatif de l'usage des drogues.
Car tous savaient, ou venaient de découvrir, qu'il n'y a pas trente-six chemins – pas plus que deux, d'ailleurs – pour atteindre à la béatitude ; et que si elle ne leur était pas destinée en ce monde, il ne servait véritablement à rien de prétendre se la procurer par des moyens exter.
|